21 février 2006

Le château ambulant (Howl's Moving Castle)

Hayao Miyazaki, 2004 (Japon) - 1h59 - Dessin animé


Le château ambulant raconte l'histoire de Sophie, une jeune fille sérieuse et un peu renfermée, qui à la suite d'une méprise (mais en est-ce vraiment une ?) se retrouve tranformée en vieille femme par la cruelle sorcière des Landes. Elle trouvera alors refuge dans le château ambulant du jeune sorcier Hauru ...



J'ai revu ce film hier soir pour le première fois depuis sa sortie au cinéma. L'impression qu'il m'avait fait alors n'a fait que se confirmer, ce n'est pas le meilleur film de Miyazaki ... mais c'est un de ses plus étranges !
Tout d'abord c'est, à ma connaissance, la première fois qu'il adapte un roman (Howl's Moving Castle de Diana Wynne Jones) et bien que le thème lui soit parfaitement familier, on a la sensation que quelquechose manque pour faire un "vrai" Miyazaki. Ou peut-être est-ce l'inverse : ne se serait-il pas permis d'être plus libre en ce cachant derrière l'histoire de quelqu'un d'autre ? Car une très curieuse atmosphère se dégage du Château ambulant, comme un voile d'ombre qui recouvrirai tout, un pessimisme que je n'avais entrevu que dans Nausicaä : la possibilité que tout puisse disparaître malgré toute notre bonne volonté. La guerre et la destruction, omniprésentes dans l'oeuvre de Miyazaki, sont ici le fil conducteur du film : les villes s'embrasent, les maisons s'effondrent, les gens vieillissent ou se corrompent, les corps se délitent. La magie et les êtres qui la possèdent n'ont ici rien de bienveillant, ils sont avant tout les instruments du pouvoir (le leur et celui de l'Etat).



On pourra remarquer le joli chapeau dont la mère de Sophie est si fière, est en fait composé d'un oiseau casqué et deux deux canons ...


Le seul personnage "positif", totalement épargné par cette soif de puissance est Sophie. Souffrant de ne pas être belle alors qu'elle est jeune, elle est totalement "libéréé" par le sort : elle laisse son ancienne existence derrière elle et s'ouvre sur le reste du monde et sur elle-même. C'est d'ailleurs grâce à ça, autant que l'amour qu'elle porte à Hauru, qui finira par la libérer du sortilège (ne redevient-elle pas jeune lorsqu'elle décide d'être elle-même ?).



Un autre aspect marquant du film est sa construction narrative. Elle peut franchement décontenancer, on peut même trouver des incohérences.
A mon sens, Miyazaki utilise ici les codes du rêve afin de plonger son spectateur dans le film et surtout dans la magie : le temps qui s'allonge ou se rétrécit brutalement, les changements de décors et de proportions (qui n'a pas rêvé d'être chez lui, d'ouvrir la porte du placard et de se retrouver dans une endroit totalement inconnu), les personnages qui changent d'apparence sans véritable raison ... C'est probablement ce qui fait du Château ambulant un film véritablement magique : il y aura toujours quelquechose qui échappera à la logique, une part de mystère. Mais contrairement aux autres films de Miyazaki, ici c'est dans l'obscurité que réside la magie.


Ou le voir ? Le DVD vient de sortir !
Lien : le très bon dossier de Buta Connexion.

4 commentaires:

Enro a dit…

Le seul Miyazaki que je n'ai pas aimé... Trop déroutant peut-être... Et je n'ai pas été emballé par l'histoire, moins attachante que dans les précédents...

Holly Golightly a dit…

Le livre Diana Wynne Jones m'avait déplu. A tel point que je ne l'ai pas achevé... Mais le film de Miyazaki, lui, m'a enchanté. Il a su, comme à chaque fois, atteindre en moi une contrée dont je n'ai pas le plan.

Letizia a dit…

a mon sens, Miyazaki ets véritablement un artiste parce que justement, il ne s'arrête pas à la surface des choses mais permet à chacun d'ouvrir une porte en soi-même ...

slumblogger a dit…

Et bien, moi… je viens de voir le "trailer" japonais du prochain Miyazaki (Garo le fils du maître) c'est sur le site de Butta Connection.
On ne comprend rien mais c'est super beau !